dimanche 6 septembre 2009

Mea Culpa

Mes bien chers frères ;

Mea culpa. Ab imo pectore mea maxi culpa.
Je suis coupable. Coupable d’avoir gardé pour moi, sale petite crotte sournoise, les récits cent fois formidable de mes aventures et de mes chasses épiques. Coupable d’avoir tu si longtemps les paysage grandioses des forêts infinies et des aurores boréales qui déforment le temps et l’espace. Coupable de vous avoir privé, au temps des grandes chaleurs et des bouchons estivaux aux péages de l’A6, de la fraîcheur du Grand Nord.

Je m’en veux mais Acta est fabula ! Vos remarques acerbes autant qu’amicales ont eu raison de ma léthargie. Me revoilà donc pour de nouvelles histoires qui, je l’espère, vous plairont autant qu’à moi.

En voici une qui a le mérite d’être vraie, comme toute les bonnes histoires mais c’est à peu près tout.

Le trappeur est un genre à part : on hésite à le classer définitivement parmi les animaux tant est vivant le souvenir du temps où il était encore parmi nous.
La semaine dernière, à la faveur d’un safari aux champignons, j’en surpris un fort beau que j’eu tout le loisir d’observer depuis mon affût. Je le reconnus sans peine. C’était un vieux mâle aux moustaches blanches, qu’une vie de traques solitaires avait finie par transformée en un être simple et naïf. Rejeté par les siens, on gardait bien les enfants de l’approcher, il irait bientôt clapoter de façon définitive au creux d’un tronc et les lichens qui le recouvraient déjà partiellement finirait de l’engloutir.

Le boucher est aussi un genre à part : on hésite encore à le classer définitivement parmi les commerçants tant le plaisir qu’il prend à débiter à grands coups de hache d’innocentes côtes de bœuf nous met mal à l’aise. La taille de l’arme n’est elle pas disproportionnée par rapport à la menace que représente un quartier de viande somme toute assez inoffensif? Sa désagréable habitude de vous tâter le bras au moment de vous dire bonjour panique carrément la ménagère. Une confidence m’appris même, j’ose à peine le répéter, que ce dangereux déviant, ce compulsif de la moulinette, profitant de ce qu’il était mis à l’écart, s’enfermait des nuits entières pour s’adonner sans vergogne à son activité favorite :

La WII. (la WII est une console de jeux)
C’est tout naturellement que le boucher et le trappeur finirent par se retrouver. Pendant que le village bâfrait bruyamment son castor dominical, nos amis, la sueur au front et la rage au ventre passait brillamment le deuxième niveau de Bloody Medieval Assassin. J’appris plus tard que la convalescence dudit boucher, qu’on cru un moment perdu, coïncidait étrangement avec la sortie du dernier opus de DurtyChallenge-ZombiMotocross. Mais le plus beau reste sans doute leurs affrontements virils d’une intensité inconnue sur l’échelle du regretté Richter à Virtual Tennis Pro2.

C’est que les deux amis prennaient la chose très au sérieux. « On ne bisoune pas avec Virtual Tennis Pro2 ! » me disait hier encore, un peu fâché, l’homme au hachoir d’argent, comprenant mal que l’on puisse échapper un sourire au récit de ces nuits sur fond de terre battue.
Il y a un calendrier des matchs, des règles, et bien sûr un uniforme, adapté au jeu en salon. Pour résister aux chaleurs extrêmes et aux contorsions les plus absurdes, c’est en bobette (slip) et en chaussettes blanches que les joueurs s’affrontent.

Et quand je l’interroge sur le pourquoi des chaussettes blanches, le lycanthrope des bleuetières de me répondre : « Monsieur, au tennis on ne bisoune pas avec l’élégance ».

Bien à vous
Les travaux avancent...

3 commentaires:

  1. Et pourquoi la bobette blanche, hien ??! ;-)

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  2. Putain ! T'as vachement grandi dis donc !
    A moins que ce ne soit une cabane sur pilotis pour hamster ?

    Content de te voir bientôt.
    ++

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  3. Ha, bah ça fait plaisir de te voir à nouveau bisouner sur ton blog.

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